Échec entrepreneurial Fuck Up Nights Bordeaux
Entrepreneuriat à Bordeaux

Fuck Up Nights: une dose de F.U.N dans son échec entrepreneurial!

L’échec entrepreneurial, et si on le désacralisait histoire de changer un peu le refrain sur l’entrepreneuriat?
Parce que c’est super les success stories, les levées de fonds, les investissements, le développement à l’international tout ça, mais bon on parle trop peu, voire quasiment pas, de ceux qui ont créé et qui ont échoué.

La vérité est que nous sommes trop peu à considérer l’échec comme une expérience de vie.

Je ne perds jamais. Soit je gagne soit j’apprends. Nelson Mandela.

Fuck Up Nights, c’est ce genre de soirée qui suscite mon intérêt car c’était une première sur Bordeaux et comme je suis curieuse et que j’aime découvrir de nouveaux concepts de soirées, rencontrer des personnes surprenantes, passionnées, inspirantes et touchantes forcément mon instinct m’a dit « Fonce ».

Grâce aux invités on a eu la chance de vivre un moment de vérité où toutes fiertés et égos sont mis de côté. On se recentre sur l’humain, le psychique le ressenti, l’émotion et les blessures de l’âme. Ce n’est pas donné à tout le monde de se livrer en public, devant des personnes qu’on ne connaît pas et qui ne nous connaissent pas. Je suis très admirative face à tant de simplicité et de lâcher prise sur le fait d’être détaché de l’échec.

De la prise de conscience à l’aveu: vivre son échec entrepreneurial avec recul et résilience

À la Halle Héméra vendredi 29 novembre ils étaient quatre à pitcher face au public: Julie, Ana, Anne-Sophie et John invités dans le cadre du Women Impact Forum, premier forum international de l’entrepreneuriat au féminin pensé et organisé par l’équipe de LConnect Bordeaux.
Leurs témoignages étaient remarquables tant par leur histoire personnelle que par les émotions qu’ils nous ont fait passer.
Difficile de ne pas être ému.es car ils nous ont parlé avec le coeur comme si nous nous connaissions tous.

Fuck Up Nights Bordeaux

Une soirée pendant laquelle ils ont brillé de courage et de sang froid et grâce à eux nous avons reçu une énergie puissante. C’est de cette manière que moi je l’ai vécue cette soirée Fuck Up Nights où on envoie tout balancer !

Yescapa et sa conquête du marché allemand

Fuck Up Nights Bordeaux

Julie Da Vara, Directrice des opérations chez Yescapa nous a raconté l’échec de cette start-up spécialisée dans la location de vans aménagés et camping-cars entre particuliers.
Yescapa a voulu se positionner sur le marché allemand car en Allemagne le voyage en van aménagé est pratique courante, et là-bas tout le monde a déjà loué, ou acheté, un van ou camping-car pour partir en vacances.

Ils pensaient que le succès rencontré en Espagne au bout de deux ans serait le même pour l’Allemagne sauf que leurs codes et leur façon de communiquer et de vendre ne sont pas les mêmes qu’en Espagne. Le positionnement surtout est différent et la réglementation de l’UE est très à cheval sur la conformité du travail.

La concurrence est rude, mais l’équipe de Yescapa ne lâche rien car l’Allemagne c’est « the place to be » pour se placer sur le marché du véhicule de loisirs.
Rien ne fonctionne malgré l’ambition, le travail, et les retours en arrière sur la stratégie commerciale qui était mal engagée dès le départ.
Ils investissent beaucoup dans le référencement naturel et payant mais les résultats n’y sont pas. Pas de trafic = pas de vente.
Ils adaptent leurs outils, leur message sur le produit, toute l’équipe est impliquée car en start-up c’est la cohésion d’équipe et le travail collaboratif qui font avancer la machine.

Julie et tous les membres de l’entreprise connaissent maintenant la raison de leur échec entrepreneurial. Ils se sont présentés sur le marché allemand en tant que entreprise française vendant un service à l’étranger et non pas comme une entreprise internationale qui se développe dans plusieurs pays.
Aujourd’hui après avoir repensé totalement leur stratégie de positionnement, Yescapa arrive à trouver des clients allemands et depuis cinq ans elle poursuit sa route à la conquête de l’Allemagne!

Julie met l’accent aussi sur la puissance du réseau, partenaires et prestataires dans le pays étranger qui doit vraiment être considéré surtout quand on s’attaque au marché international!

Ana Molina: son mindset et son regard sur  l’échec entrepreneurial

Ana Molina, colombienne, est l’une des conférencières invitées du WIF2019 venue tout droit de Colombie pour faire part de son vécu d’entrepreneure, et de son expérience avec les femmes présentes lors du WIF2019.

Ce qui se dégage de Ana quand elle parle de son passé et des erreurs qui l’ont fait grandir, c’est cette force immergée et cette résilience qu’elle nous a renvoyée sans filtre.

Ana est une personne authentique et tout ce qu’elle nous a livré sur son état d’esprit avant et sur comment elle a réussi à surmonter ses échecs en suivant c’était sincère, pur, et d’une belle maturité.

Fuck Up Nights Bordeaux

Ana nous a évoqué ses peurs, notamment celle de devoir parler de ses propres peurs! C’est un travail de gestion de l’émotion auquel il faut penser, mais pas toujours évident. Ana est en phase avec le « qu’en dira t-on » et que tout ce qui l’importe c’est de continuer à développer son entreprise. Elle agit dans son entreprise telle une mentor en poussant les membres de son équipe à s’améliorer dans leur communication externe et interne.
Ana travaille dans l’objectif de développer sa boîte sans voir les éléments bloquants, les difficultés. Coûte que coûte elle avance. Elle n’a pas le temps de penser à l’échec entrepreneurial et elle voit en chacun de ses objectifs un sommet à atteindre, à l’image d’une montagne à gravir.

Ana nous fait réfléchir sur le fait que chaque action n’est que la conséquence d’une décision que l’on a choisi de prendre. L’échec entrepreneurial doit se vivre comme une expérience avec la capacité de pouvoir ressentir les émotions et d’accepter cette étape au moment où elle se met en travers de notre chemin. Ressentir c’est assumer. Assumer afin d’aller de l’avant et de ne pas refaire deux fois la même erreur au bout de quelques mois. Accepter la situation au présent, la vivre de manière consciente et l’interpréter comme étant bénéfique pour trouver un meilleur moyen de parvenir à ses objectifs.

Il n’y a pas qu’un seul chemin pour gravir le sommet d’une montagne. Plusieurs chemins s’offrent à nous et on ne peut jamais savoir à l’avance si celui qu’on décide de prendre sera le bon. Même si le chemin est parsemé d’obstacles, la finalité est que quoi qu’il arrive nous pouvons atteindre ce sommet et planter le drapeau de la réussite.

Dans ces moments difficiles pour pouvoir mieux gérer un échec professionnel il faut savoir s’écouter et prendre soin de soi. Avoir le soutien de ses pairs, de ses proches est fondamental pour rebondir.

Ana finit en disant qu’il y a deux questions majeures auxquelles il faut répondre même en situation d’échec professionnel: se souvenir de la raison qui t’a amenée à faire ce que tu fais et comment tu peux y arriver en prenant en compte toutes les possibilités qui s’offrent à toi.

Anne-Sophie, se révéler après être tombée

Anne-Sophie c’est le profil type de la superwoman. Jeune femme brillante dans ses études et dans son travail, Anne-Sophie met le paquet durant les premières années de son ancienne vie professionnelle en tant que clerc de notaire.

Les semaines de 35 heures, elle ne sait pas ce que c’est. Anne-Sophie à ce moment-là dans sa vie professionnelle est focalisée et déterminée à bâtir une expérience solide et espère la reconnaissance de son supérieur et de ses clients et pourquoi pas une promotion. Jours, nuits et week-end, Anne-Sophie travaille.

Puis vient ce jour où son employeur la considère enfin comme étant un bon élément et lui envoie un signal en lui faisant miroiter qu’un jour sa persévération paiera. Illusion, désillusion, Anne-Sophie n’en verra rien!

Sa vie de femme évolue et Anne-Sophie devient maman. Sauf que devenir maman et carriériste à la fois ce n’est pas compatible – selon certains – et elle voit bien que son congé maternité est vécu limite comme un abandon de poste par son patron.

La carotte elle la voit s’éloigner de plus en plus… Anne-Sophie doit jongler entre son travail qui lui prend 95% de son temps et son fils qui lui demande de l’attention et sa présence. Son enfant grandit, Anne-Sophie continue à travailler comme avant les soirs et les dimanches.

Un matin en semaine, elle se réveille il est 10h00. Elle vient de manquer LE rendez-vous qu’il ne fallait surtout pas louper, celui pour lequel elle avait tant travailler. Elle se lève de son lit et s’écroule par terre, littéralement. Elle se relève et la pièce vacille autour d’elle. Anne-Sophie n’a plus du tout la notion du temps. Anne-Sophie est en proie à un burn-out.

Anne-Sophie passe 6 mois dans son lit, plus aucune énergie.

Après ce sombre passage à vide finalement notre superwoman décide de reprendre sa vie en main et réfléchit à ce qu’elle aimerait devenir. Anne-Sophie pense à ces personnes, femmes et hommes, qui souffrent du syndrome du burn-out et se dit qu’il y a quelque chose à faire.
Alors elle crée l’association Les BURN’ettes à Bordeaux incubée à La Ruche.

Sa motivation de chaque matin est désormais rythmée sur l’envie de prouver qu’il est possible de rebondir après un burnout et de se sortir de cette zone de turbulences.

John, celui qui souhaitait l’équilibre managérial

Dans son ancienne société John souhaitait que salariés et managers trouvent un équilibre sur la politique salariale de l’entreprise. Précurseur, John a tenté de modifier la politique salariale, de développer de nouvelles pratiques afin d’éviter l’échec. Sauf qu’il n’a pas réussi et convaincu le Comité de Direction de changer les pratiques déjà bien rodées. Son intention de vouloir moderniser et changer les codes n’a pas été vu d’un très bon oeil. Avec regret, John a quitté l’entreprise mais après le rachat de celle-ci la politique salariale a finalement été revue.

Conclusion de cette soirée bordelaise Fuck Up Nights

Fuck Up Nights fait partie de l’une des plus belles soirées entrepreneuriales que j’ai vécues lors cette année 2019. Je trouve que c’était une très bonne idée d’inclure ce concept de talks dans le cadre du Women Impact Forum et de le présenter en fin d’année. Le fait de terminer 2019 sur les échecs entrepreneuriaux est une bonne façon d’accueillir 2020! Tirer un trait sur le passé et écrire une nouvelle page pour la nouvelle année qui approche à grands pas avec sérénité et conviction que toutes les expériences font grandir.

Merci à la Présidente Wanda ainsi qu’aux bénévoles de LConnect pour leur généreuse invitation! Bravo à elles pour l’organisation de cette 1ère édition du WIF, c’est une vraie réussite 🙂 Les filles vous avez tout déchiré!
Merci également aux conférencières de différentes nationalités (France, Espagne, Maroc, Colombie, Etats-Unis, République Tchèque) pour leur bienveillance, leur empowerment, leurs vérités, leurs combats, leur énergie, leur courage.

Nous nous souhaitons à tous de riches et belles expériences de vie.

Julie

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2 Comments

  1. Thierry says:

    Je perds jamais soit je gagne soit j’apprends belle devise, belles leçons de vie dans cet article. Merci pour le partage

    1. Oui très belle devise et ce n’est pas n’importe qui, qui le dit ! Oui ce sont effectivement de belles leçons de vie et c’est très encourageant je trouve pour nous tous, que l’on soit au sommet de la montagne ou encore en train d’essayer de gravir les pentes!

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