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Bordeaux, ville numérique

JNDA 2019: Les femmes des diasporas africaines s’investissent dans le numérique

Vendredi 12 avril 2019 les femmes des diasporas africaines étaient à l’honneur dans le cadre des J.N.D.A: Journées Nationales des Diasporas Africaines au Palais Rohan qui abrite l’Hôtel de Ville de Bordeaux.

La table ronde « Femmes et Numérique: talents de demain », à laquelle j’ai assistée, était animée par Marie-Laure Hubert Nasser, directrice de la communication à Mairie de Bordeaux.

Autour de cette table, les invitées ont discuté de ce sujet d’actualité qui touche de près les femmes africaines et d’ailleurs. Rappelez-vous j’avais rédigé un article la semaine dernière sur une table ronde en rapport avec le même sujet lors du Salon Profession’L de Bordeaux.

Le numérique touche bien toutes les femmes du monde ! Quelles soient encore à l’école, au lycée, à l’université, au travail, à la maison, ou en reconversion professionnelle.

Nawel Boutarouk investisseuse et mentor de startup, Diana Brondel CEO et fondatrice de Xaalys, et Salwa Toko Présidente du Conseil National du Numérique nous ont partagé leurs vécus et leurs ambitions.

La filière du numérique s’intensifie auprès des femmes des diasporas africaines, là où la France peine à recruter des candidates

À l’heure où je rédige il y a plus de jeunes femmes africaines qui se lancent dans le numérique et dans l’apprentissage des sciences de l’informatique, que de jeunes femmes françaises. Incroyable, non ? Pourtant bien réel.

L’Afrique est un continent riche de futurs talents prêts à débarquer dans le monde des nouvelles technologies numériques. En fait, cela a déjà commencé depuis quelques années mais personne ne le soupçonne car peu de médias s’intéressent à l’éclosion de ces talents africains. Les africain.e.s ne se mettent pas de freins car ils ou elles savent qu’une place dans le numérique, les attend quelque part ici ou ailleurs.

En France nous avons bon nombre d’écoles reconnues dans le monde entier pour leurs formations en ingénierie informatique, dans les sciences des données ou encore dans le développement de sites web. Malheureusement, les classes sont remplies à près de 100% par des élèves de genre masculin. Ce qui est bien décevant car la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui et celle de demain est largement impactée par les technologies numériques.

Salwa Toko agit contre l’exclusion des femmes dans le numérique

D’entrée de jeu, Salwa nous annonce les chiffres alarmants. En France seulement 10% des femmes étudient dans les écoles d’ingé. 3% se spécialisent dans la cybersécurité alors qu’en 2030 85% des métiers seront identifiés comme numériques. Il y a un vrai problème.

Salwa née à Paris et d’origine marocaine-béninoise, a découvert le numérique après avoir été directrice d’une chaîne de télé au Bénin et dirigé 600 personnes. Très engagée dans la lutte pour l’égalité Femmes-Hommes, elle fonde et préside en 2018 l’association Becomtech, qui œuvre pour la parité dans le numérique et l’informatique. Elle souhaite donner de l’appétence à des jeunes filles pour les sciences informatiques. Le programme Jump in Tech de Becomtech s’adresse aux jeunes filles de 14 à 17 ans pour les initier, pendant un mois en été, à l’informatique et au numérique.

Salwa a tout à fait raison quand elle dit que les écoles en ingénierie ne font pas d’efforts pour attirer les jeunes femmes dans cette filière. Puisqu’il n’y a pas de contre-message, rien ne vient pointer du doigt le problème ! Au contraire, cela nourrit la désinformation auprès des étudiantes et aggrave la fracture sociale et la précarisation des femmes.

Diana Brondel CEO et fondatrice de Xaalys

Née en Allemagne, d’origine sénégalaise et élevée en France, Diana travaille pendant plus de 10 ans au sein de la Société Générale pour des missions à l’international sur les activités bancaires du groupe. Elle occupe des fonctions de conseil et d’audits menés à destination de la Direction Générale du Groupe en tant qu’Inspectrice, puis en tant que Directrice de cabinet.

En 2017, Diana a décidé de prendre un virage à 360° pour entreprendre dans le numérique. Elle imagine un service de néo-banque pour les adolescents.
Étonnante prise de risque mais en accord avec ses valeurs, Diana prouve qu’il est possible de reprendre le dessus sur sa vie tout en écoutant ses envies.

Xaalys sera prochainement disponible sur IOS et Android. Si vous souhaitez être informé.e.s de son lancement vous pouvez remplir ce formulaire.

Avec Xaalys, Diana mélange la finance à la technologie numérique, ce qu’on appelle aujourd’hui la Fintech.

Le but de son application est de donner aux adolescent.e.s conscience de la valeur de l’argent, de savoir maitriser son argent dès le plus jeune âge. Il n’existait à ce jour aucun outil pour ce public, eh bien Diana l’a créé !

C’est à Dakar qu’elle a implanté son équipe technique mais le siège social de son entreprise est à Paris. Elle affirme qu’il est facile de suivre en tant réel tout ce qu’il se passe au Sénégal, car le numérique et les nouveaux outils permettent cela.

C’était important pour Diana d’inclure son lien avec ses racines sénégalaises pour son projet entrepreneurial. Elle souhaitait une entreprise qui soit à son image et qui respecte ses valeurs. D’ailleurs Xaalys, s’écrit Khalis en wolof et se prononce « Rhalis » ce qui signifie « argent ».

Nawel Boutarouk accompagne les start-up dans leur business plan

Née en Algérie et ingénieure de formation notamment en obtenant un MBA Digital Innovation et Transformation à Harvard, Nawel crée en 2018 Idinvest Partners, une agence de conseil et investissement pour les entreprises de l’industrie 4.0.
Parallèlement à cela, elle co-fonde le Executive Women’s Club au MIT, un club pour femmes entrepreneures et fait partie de Femmes Business Angels, l’unique réseau français et premier en Europe qui compte 150 business angels au féminin.

Nawel tient un rôle de mentor dans la création et l’accompagnement de jeunes start-up, de l’idée fondatrice jusqu’à l’étude du modèle économique.

Pour Nawel, l’argent n’est qu’un outil qui permet de rêver plus grand. Elle souhaite pousser les jeunes vers l’entrepreneuriat dans les métiers de l’innovation et des technologies.

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