Facturer ses prestations quand on est freelance
Chroniques d'une freelance

Combien facturer ses prestations quand on démarre une activité en freelance ?

Combien facturer ses prestations quand on est freelance ? LA grande question à laquelle il est toujours difficile de répondre quand on démarre une activité en freelance !
Pourtant, s’il y a bien quelque chose à définir après son statut juridique et son positionnement, c’est son salaire, celui qu’on veut gagner. À travers cet article, aucune vérité, seulement mon expérience et des conseils pour vous aider à réfléchir à votre tarification.

Facturer ses prestations quand on crée son entreprise

Se lancer dans une activité indépendante n’est jamais simple. Il ne s’agit pas seulement d’enregistrer son statut sur le site de l’URSSAF. Non, devenir freelance implique que l’on devient entrepreneur. Devenir entrepreneur ne se réalise pas en une semaine ou un mois.
Pour apprendre à bien connaître son marché il faut minimum 2 ans.

Pour ce qui est de facturer ses prestations, il faut pouvoir démarcher avec une grille tarifaire car c’est la PREMIERE chose qu’un client va vous demander : « Quels sont vos tarifs ? ».

Pourquoi ? Parce que le client a besoin de savoir d’emblée s’il peut se permettre de vous payer ou non. Le client, entreprise ou entrepreneur indépendant, va aussi vous comparer à d’autres freelances, c’est normal.

On fait tous pareil après tout, non ? Quand vous voulez acheter un nouvel appareil photo vous faites un comparatif de prix entre plusieurs enseignes. Pour le business c’est pareil.

Alors combien facturer ses prestations et comment justifier ses tarifs, ou son tarif, à un prospect ? En parlant de votre expérience et de votre savoir-faire.

Facturer ses prestations en fonction de sa valeur ajoutée

Quand vous êtes freelance sachez que vous avez beaucoup de cordes à votre arc mais la principale reste néanmoins vos compétences et surtout votre expérience.

Vous me direz certainement, alors quel est l’avantage de devenir freelance si finalement le client nous choisit comme si on candidatait pour un poste en salariat ? Je vous réponds que c’est la même chose. Dans le sens où votre contact cible attend de vous des résultats, il doit s’assurer que l’argent qu’il mettra sur la table lui reviendra un jour : on appelle cela le retour sur investissement.

En fait, si vous préférez lui ce qu’il veut c’est gagner du chiffre d’affaires et il compte sur vous pour y arriver. Et à l’inverse c’est la même chose pour vous car vous êtes comme lui entrepreneur. On part donc sur un même pied d’égalité.

À moins d’avoir le bras très long, je peux vous assurer que la route est sinueuse avant de convaincre un prospect et de le transformer en client. Je suis passée par là dès le début et c’est encore le cas. Rédactrice web freelance est un métier très concurrentiel, mais c’est ce que j’aime faire donc je m’accroche.

À quel moment votre target se dira c’est lui ou elle que je veux ? Pour quelle raison il vous choisira vous et pas un autre freelance ? Parce que vous aurez justifié vos tarifs en fonction de qui vous êtes, votre parcours, votre savoir-être, votre conscience professionnelle, vos recommandations (le réseau j’en parlerai dans un prochain article). La valeur ajoutée c’est ça grossomodo.

Connaître sa valeur ajoutée pour facturer ses prestations

Justement comment trouver sa valeur ajoutée ? Pas évident de se mettre en avant surtout quand on démarre une nouvelle activité indépendante.
Personne n’arrive à se vendre facilement je vous rassure. Sauf si vous avez une grande expérience professionnelle dans le baratin, en gros le commerce. Je n’ai rien contre les commerciaux je précise 🙂 Chacun son taf.

On devient freelance par choix ça c’est un fait. Cependant, personne ne nous a dit comment s’y prendre et comment se lancer, poser ses tarifs et trouver ses clients. Max la débrouille remplace Max la menace ! Bien déjà on va commencer par arrêter de se poser 36 mille questions et ne s’en poser qu’une seule : qui suis-je ?

Pour cela le meilleur moyen reste le stylo et la feuille de papier. Si vous n’avez pas envie de la jeter par la suite parce que c’est pas super écolo, vous pourrez l’afficher dans un coin de votre bureau (ou de votre appart) et si dans 5 ans vous retombez dessus, vous seriez certainement surpris de votre réaction.

Se vendre n’est pas qu’une question d’égo mais de personnalité

Prenez cette feuille et ce stylo et allez-y écrivez, décrivez votre parcours mettez toutes vos expériences et vos diplômes. Et quand je dis toutes je parle aussi des stages en entreprise, que l’on a tendance à dénigrer, des missions de bénévolat ainsi que vos projets personnels et projets d’études.

Pour chaque expérience ou projet écrivez en face la raison pour laquelle vous l’avez fait et quel a été le résultat obtenu. Il peut s’agir de chiffres si vous aimez les chiffres, mais je pense surtout à ce que cela vous a apporté à vous personnellement. Ce qui vous a fait grandir et devenir la personne que vous êtes aujourd’hui. Personne qui continuera d’évoluer car l’être humain passe sa vie à évoluer et c’est le but d’une vie. On en a qu’une alors autant la passer à grandir, à murir et à devenir « la meilleure version de soi-même ».

Une fois que vous avez terminé, relisez-vous à haute voix. Alors, vous commencez à y voir plus clair ou pas ?

Qu’est-ce qui vous différencie des autres ? Est-ce que vous comprenez que vos choix définissent qui vous êtes et donc votre valeur ?

Dites-vous bien une chose, vous ne valez pas moins que la personne à convaincre en face de vous. Vous ne connaissez pas son parcours, ses étapes, ni ses choix de vie. Peut-être que cette personne en a fait moins que vous et qu’elle a évolué plus rapidement que vous. On s’en fiche ! Le principal est votre confiance en vous et en votre capacité d’évolution.

Notre vraie valeur elle est là, en nous.

Si vous êtes honnête envers vous-même et naturel dans votre démarche et que votre capital sympathie est au beau fixe alors la question du tarif ne sera plus.

TJM, taux horaire, forfait : quel modèle de tarification choisir ?

Ok c’est bien tout ça mais comment je calcule mes tarifs pour pouvoir facturer mes prestations ? Sur quel modèle je m’appuie ? À titre personnel, je me suis posée cette question à de multiples reprises et encore aujourd’hui je ne suis pas au clair sur le sujet. C’est la vérité !

Ce que je sais et j’en suis convaincue c’est qu’il ne faut pas brader ses prix par peur de ne pas avoir de client. Mauvaise décision ! En effet, si vous bradez vos prix on pourrait considérer que vous faites de la concurrence déloyale, que vous n’êtes pas formé pour votre métier et que vous êtes mauvais dans votre travail.

Facturer ses prestations en incluant ses charges

Il faut que vos tarifs soient raisonnables et au mieux qu’ils couvrent vos charges. Toutes vos charges car quand on est micro-entrepreneur on est ponctionné sur notre chiffre d’affaires déclaré. Le fruit de notre travail est en partie englouti par nos cotisations sociales. Si vous facturez 300€ un client ce n’est pas 300€ dans votre poche.

Il faut donc compter les charges sociales, celles que vous paierez à l’URSSAF tous les deux mois ou tous les trimestres + celles qui permettent à votre travail d’être exécuté comme par exemple :

  • Internet,
  • électricité,
  • frais de déplacement ou frais de transport pour des rdv pros,
  • assurance responsabilité professionnelle,
  • frais de repas si vous travaillez 1 jour par semaine dans l’entreprise,
  • hébergement de votre site web,
  • l’achat d’un disque dur externe ou d’un deuxième écran
  • vos autres outils de communication,
  • etc.

Il faut les lister toutes ces charges dans un premier temps pour connaître combien vous sortez par mois.

Quel salaire net se dégager quand on est freelance ?

Combien je veux gagner par mois ? Voilà la vraie question à se poser au final.
Une fois les charges sociales et personnelles enlevées, combien me reste-t-il pour vivre ?
Trop peu ? Juste ce qu’il faut ? Pas mal d’argent ?
Si un salaire de 1200€ vous suffit c’est OK, chacun choisit son niveau de vie. Si vous voulez gagner 3000€ ça ne se fera pas en un mois ou deux, mais c’est tout à fait possible.

Si votre expérience est significative ainsi que les appréciations de vos clients, alors votre tarif élevé se justifie. Les clients seront prêts à payer le prix pour avoir le meilleur et les résultats garantis. Même si on ne peut rien garantir à l’avance car les paramètres prédictifs peuvent se modifier en cours de route, il faut quand même leur prouver que grâce à vous ils vont améliorer leur condition de vie. Ce n’est pas mentir, c’est être sûr de vous. Sûr de vos compétences car elles ont fait leur preuves lors de précédentes expériences.

Vous aussi d’ailleurs vous allez améliorer votre condition de vie. C’est gagnant-gagnant !

Ensuite vous choisissez d’appliquer votre tarification soit sur le temps passé, soit sous forme de forfait en volume d’heures, soit un tarif à la journée, etc. Cela dépend aussi de votre activité.

Si jamais le taux journalier moyen est un mode de tarification qui convient à votre activité, je vous renvoie sur un outil de calcul de TJM créé par Shine une néo-banque pour entrepreneurs.

Pour moi en rédaction web le TJM n’est pas juste car je ne travaille pas toute une journée sur un seul et même dossier client. Je ne peux pas facturer à un client 350€/ jour si je travaille pour lui que de 10h00 à 12h00. Ce n’est pas sérieux !

Freelance, j’ai décidé de facturer mon temps de travail

Après des mois et des mois de prise de tête sur le sujet, et de tarifs trop bas par rapport à la charge de travail que certaines misions me prenaient, j’ai décidé de passer au tarif horaire.
J’annonce à mon client un nombre d’heures estimé en fonction du travail qu’il m’est donné de faire.

J’ai calculé mon prix juste en fonction donc de mes charges et aussi en fonction de mes compétences. Je ne dis pas que quand on débute il faut mettre des prix bas, non, mais par contre c’est indécent d’afficher un tarif à 80€ de l’heure quand on démarre et qu’on n’a pas encore de référence ou qu’on n’a pas fait ses armes.

Il faut quand même rester raisonnable. Ok, devenir freelance pour gagner mieux sa vie mais quand même il ne faut pas tomber dans l’abus. Même s’il s’agit d’une grosse entreprise, ce n’est pas une bonne stratégie d’augmenter ses tarifs de 40€ de plus par heure travaillée.

Conclusion :

Avant de commencer cette phrase j’étais à 1732 mots.
Je n’étais pas partie pour écrire autant, je ne l’avais pas prévu.
Le sujet étant tellement complexe je voulais le prendre dans toute son envergure.
Facturer ses prestations est un sujet qui se traite en profondeur et demande d’avoir une vision globale, à la fois en prenant compte son parcours, son objectif financier et de ce qu’il est possible de faire. Chaque expérience sera différente et la négociation client viendra sûrement revoir vos tarifs, soit à baisse, soit à la hausse. On espère cette dernière option 😉

J’espère que mon article vous aura aidé à y voir plus clair ?

Julie

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